

du 25/06/2012
« Les gars, c’est le match de votre vie ». Ces mots de coach Alain ont achevé son discours lors de la petite balade à 90 minutes du coup d’envoi hier au stade municipal d’Ussel. En effet, en ce premier lundi d’été, notre équipe des Boucles-Villiers disputait la finale du championnat de France honneur face aux Catalans du Boulou ; la première finale nationale senior de l’histoire de nos clubs. Malgré son cadre bucolique et son cours d’eau en sous-bassement, c’est bien à une guerre de tranchée à laquelle se préparaient nos joueurs.
Pourtant, à 16h35, au coup de sifflet final de l’arbitre, c’est bien les joueurs du Boulou qui lèvent les bras et qui vont chercher le bout de bois. Et on peut dire qu’ils ne l’ont pas volé. Flashback…
L’ambiance d’avant match dans les vestiaires est particulière. Chaque joueur est concentré sur son rôle, sûr de son fait et de sa force. Même si c’est une finale, c’est avant tout un match de rugby ; les règles ne changent pas. La remise des maillots effectuée par coach Alain cimente encore plus notre groupe (si besoin était).
L’échauffement est studieux ; tout le monde s’applique. Pas de paroles mais une chanson de gestes sous les ordres des coachs ou de Pierre-Yves. Le retour aux vestiaires sous les applaudissements de nos supporters est un moment de pur bonheur et procure un frisson sans pareil. Les larmes montent aux yeux. Les derniers mots sont simples. Les valeurs d’amour, d’amitié de combat sont mises en avant, comme toujours. Pas de coup de tronches ou de grands éclats de cris mais une seule promesse : celle de sortir du terrain sans aucun regret…
La sortie du couloir et l’entrée sur le terrain fait monter le palpitant à dix mille. Le bouclier est là et trône sur ce terrain. Passer si près de lui en étant de si loin de pouvoir le prendre ou même le toucher donne une force considérable.
La première bonne surprise de cette partie est la présence de nombreux supporters de notre équipe. De ce côté-là, le match est équilibré. Un temps magnifique, plus de 25 degrés, il n’y a pas dire : la magie opère toujours lors des phases finales de rugby.
L’entame de match sera tonitruante.
Sur le coup d’envoi, Thib récupère et va percuter. Le ballon ne sort pas et mêlée pour Le Boulou. Le demi de mêlée alerte son ouvreur et celui-ci claque un drop. 3-0. Sur le renvoi, l’arbitre sanctionne les Catalans dans un rucks et Roucasse transforme la pénalité. 3-3. Nouveau coup de renvoi. On récupère la gonfle et dégageons en touche. Sur celle-ci, le ballon est volleyé et envoyé sur les extérieurs. L’ailier gauche du Boulou se fait la valise et marque en coin. 8-3 et le chrono n’affiche même pas 5 minutes de jeu.
Après une telle entame, le jeu se calme un petit peu. Rapidement, nous constatons la tonicité et la vélocité des arrières catalans. Devant, nous tenons largement la route et sommes dominateurs en ce début de partie. Malheureusement, même si nous avançons, la qualité de la défense adverse et son vice dans les rucks ne nous permettent pas d’accélérer comme nous le souhaiterions.
Peu avant le ¼ d’heure de jeu, Roucasse passe une pénalité des 47 mètres en coin et ramène le score à 8-6. Le milieu de la première période sera équilibré. Même si une formidable attaque du Boulou lancée depuis leurs propres 22 mètres échoue de peu, nous sommes présents au combat et en défense. Bien que trouée 2 fois en début de partie derrière, nous modifions nos montées défensives et prenons nos adversaires avant qu’ils ne soient lancés. Cependant, la qualité de notre premier plaquage est moyenne et nous ne défendons jamais en avançant.
A la 25è minute, un maul productif suite à touche offre à Max la Roucasse une pénalité des 30 mètres en face. Il la passe et on reprend l’avantage au planchot 9-8. Quelques instants plus tard, Roucasse, encore lui, relance de notre camp et tape à suivre. Il est pris à retardement. Pénalité aux 22 mètres. Hélas, il la manquera et nous ne breakons pas.
Après ce passage à vide, Le Boulou reprend des couleurs en fin de mi-temps. Sur une touche dans nos 22 et une super prise de Ted, l’arbitre nous sanctionne d’un écran. Le buteur adverse ne rate pas la mire et permet à son équipe de reprendre l’avantage 11-9. Sur la dernière action de la première mi-temps, nous bénéficions d’une touche à 35 mètres de la ligne. Prise de balle de Ted et le maul est enclenché. Il entre dans les 22 et est arrêté (écroulé ?) à 15 mètres. Un enchainement de plusieurs pick an go et Cyril, dans l’axe, claque un drop qui passe à côté. Citrons sur ce score de 11-9.
Si à la mi-temps, nous y sommes, la seconde période sera synonyme d’un long chemin de croix pour notre équipe. Le tournant du match se situe à la 45è minute. Bénéficiant d’une pénalité sur la ligne médiane, nous choisissons de taper en touche. Le coup de pied est manqué et la balle sort en ballons morts. Sur la mêlée à hauteur de la médiane, une combinaison simple mais effectuée dans un remarquable timing permet à l’ailier du Boulou de nous transpercer. Il sprinte jusque dans nos 22 et décale son partenaire qui va à dames. 18-9.
Dans la foulée, l’ouvreur catalan claque un nouveau drop et creuse l’écart à 21-9. A ce moment du match, notre survie ne tient qu’à un fil. Une pénalité de Max nous ramène à 21-12 mais ce n’est qu’un leurre. Nous subissons le jeu, les impacts. Et dans la « zone offensive » nous manquons de précisions et de qualité sous la pression (il faut hélas le reconnaître). A l’heure de jeu, nous tentons notre va-tout. En attaquant de nos 22, nous sommes contrés. L’ouvreur du Boulou récupère la gonfle et tape une transversale au pied pour son ailier. A la lutte pour récupérer le ballon, Roucasse est trompé par le rebond et son vis-à-vis n’a qu’à se saisir de l’offrande pour s’écrouler en terre promise. 28-12 et 17 minutes à jouer, le sort est scellé.
La fin de match sera un calvaire. Impuissants, nous nous lançons dans un baroud d’honneur. En coachant, nos serviteurs Vince, Bouzou et Arnaud quittent définitivement le monde des terrains, le cœur empli d’émotions.
Dans les 6 dernières minutes, sur 2 ballons tombés, les arrières catalans profitent de nos erreurs pour aller marquer et donner au score une ampleur imméritée compte tenu de notre investissement.
Il est 16h35 et l’arbitre siffle la fin de la partie. Nous ne sommes pas champions de France.
Comme à chaque fois dans cette situation, les uns chantent leur bonheur pendant que les autres pleurent leur profonde déception. Dans notre cas, les choses sont un peu différentes. Nous avons été dominés et cette défaite est malheureusement logique. Nous avons été battus par plus forts que nous.
L’ensemble du club remercie tous les supporters et les femmes et familles des joueurs qui nous ont suivis toute la saison en déplacement, qui nous ont encouragés de toute leur force. Ce beau parcours est aussi un peu le leur.
Ce match est aussi à la croisée des chemins pour notre club. Il achève l’histoire de l’ESV et des Boucles de la Marne. Depuis 15 jours, nous sommes désormais l’Union des Bords de Marne Rugby, pour le meilleur et pour le pire. L’an passé, à la même période, les clubs des Boucles et de Villiers décidaient d’unir leurs forces pour cette saison. Cette équipe est née il y a à peine 10 mois et on dirait qu’on joue ensemble depuis toujours. Comme une famille, comme des frères. N’en déplaise à certains, cette union est une réussite pour les équipes senior et féminines. Espérons qu’elle le sera pour toutes les autres catégories dès l’an prochain. Pour ce faire, tout le monde est invité à venir faire la fête du club samedi prochain à Lapize à partir de 12h.
Enfin, je ne peux pas conclure cette chronico sans rendre les hommages dus aux combattants qui nous quittent. En premier lieu, coach Alain. Lui que je surnomme le Montferrandais des Boucles car il a malheureusement pour lui perdu sa 4ème finale nationale hier. Souhaitons-lui bonne chance avec les jeunes du Métro. Ensuite, une pensée pour Steph qui a coaché les gros de la réserve et Benjamin notre osthéo. Enfin, le club remercie ses gladiateurs Vincent, Gérald, Arnaud et Bouzou qui arrêtent et Strike qui nous quitte. Les gars, ce fut un grand plaisir d'avoir partagé ces moments avec vous.
Et que dire de Pascal ? Avec Jojo, il a tenu le club, notamment en 3ème série quand nous étions peu aux entrainements et que les tribunes sonnaient un peu creux. Merci de ce que tu as fait pour nous.
A vous tous que j’ai cités et à ceux que j’ai oubliés (et je m’en excuse), vous avez fait battre le cœur de ce club et vous pouvez en être fiers. La porte vous restera toujours ouverte.
LeHuit
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Dernier message sur le livre d'or: 05/10/2011 à 14:16 par patrick dentinger |
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